La croissance des licences sportives se heurte au manque d’équipements dans les communes Abonnés
Deux ans après les Jeux, les clubs sont pleins
Les fédérations sportives agréées ont délivré 17,4 millions de licences en 2025, soit 7 % de plus qu’en 2019, le double de la hausse de la population, avec un pic en 2024, l’année des Jeux olympiques de Paris. Mais la vague a surtout rempli les salles : le volley compte 52 % de licenciés de plus qu’en 2019, le badminton en a gagné 15 % sur la seule année 2025, et basket comme handball dépassent chacun les 600 000 licences. Or ces quatre sports se pratiquent tous dans le même gymnase municipal, souvent construit il y a quarante ans pour deux disciplines.
Pour 2026, l’INJEP prévoit une quasi-stabilité du nombre de licences, freiné par la baisse de la natalité. Mais le niveau atteint ne redescendra pas : les clubs qui ont grossi conservent leurs adhérents, et donc leur besoin de salles.
Les équipements sportifs deviennent un sujet de contentieux
Les licences ont augmenté, mais les locaux où sont pratiquées ces activités sont toujours les mêmes. Pour satisfaire tout le monde, les communes, qui possèdent l’essentiel des équipements, doivent raccourcir les créneaux et repousser les entraînements vers 23 heures. Et le juge administratif s’en mêle : à Six-Fours-les-Plages (Var), il vient d’ordonner à la commune, sous astreinte, d’attribuer à un club de football des horaires réellement utilisables (lire page 7). Quand la répartition des créneaux se règle devant un juge, c’est que la discussion n’a pas eu lieu avant la saison.
Le ministère des Sports recommande désormais, pour tout nouveau gymnase, de séparer sports de filet et sports de buts et de limiter le nombre de disciplines par salle. Les fédérations financent de leur côté des terrains extérieurs (basket 3x3, badminton, football sur des friches), via un guichet unique à l’Agence nationale du sport : pour une commune, c’est le moyen le moins coûteux de sortir une discipline du gymnase. Deux autres leviers ne demandent aucun crédit : un relevé de l’occupation réelle des salles, souvent inférieure au planning, et l’ouverture en soirée des gymnases des collèges et lycées, par convention avec le département ou la région. Des critères de répartition écrits, votés et transmis aux clubs avant la saison feront le reste.
INJEP, Les licences annuelles des fédérations sportives en 2025, Fiches repères n° 2026-05, juillet 2026.
Romain Boisset le 06 octobre 2026 - n°397 de Communes et Associations
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