Engager son association dans une démarche durable : choisir ses actions, les inscrire dans la durée, les faire connaître Abonnés
Le mot « durable » fait penser aux déchets, mais il recouvre quatre domaines, ce qui rend la démarche accessible même à une association qui n’organise aucun événement. Le premier est l’environnement : ce que l’activité consomme et rejette, avec en tête les déplacements, l’énergie des locaux et les déchets. Le deuxième est social : qui l’association accueille, comment elle traite ses bénévoles, si ses tarifs et ses horaires laissent des gens à l’écart. Le troisième est économique : où va l’argent, si les achats profitent au territoire, si le matériel se partage avec les associations voisines. Le quatrième est la gouvernance : comment les décisions se prennent, comment les comptes sont présentés, comment les dirigeants se renouvellent. Celle qui applique un tarif au quotient familial ou achète ses coupes chez le commerçant du coin fait déjà de la durabilité sans la nommer ; l’enjeu est de le savoir, de compléter et de pouvoir le dire.
Un questionnaire de deux heures pour savoir par où commencer
L’état des lieux ne nécessite pas de recourir à un cabinet spécialisé. L’Impact Score, un questionnaire gratuit en ligne conçu par le Mouvement Impact France, se remplit en deux heures à deux ou trois membres du bureau et rend une note sur cent sur les quatre domaines ci-dessus. Le score compte moins que la liste des points faibles qu’il fait ressortir.
Vient ensuite le moment de trancher, et la règle est simple : il faut choisir peu d’actions, mais au moins une par domaine. Côté environnement, la loi a déjà fixé le socle, car l’article L. 541-15-10 du code de l’environnement interdit depuis le 1er janvier 2020 de mettre à disposition, gratuitement ou contre paiement, des gobelets, verres et assiettes en plastique à usage unique, puis depuis le 1er janvier 2021 les pailles, couverts, piques et confettis, et la buvette d’un tournoi y est soumise comme un restaurant. Depuis le 1er janvier 2024, l’article L. 541-21-1 impose en outre le tri à la source des biodéchets à tout producteur, association comprise. Une fois en règle, le premier poste d’émissions d’un club reste le déplacement des équipes et des familles, et un covoiturage organisé y fait plus qu’un composteur, tandis que l’énergie des locaux se négocie avec la commune propriétaire, éclairage et chauffage calés sur les créneaux réels. Côté social, une seule mesure suffit pour la saison, qu’il s’agisse d’un créneau accessible aux parents qui travaillent, d’une place réservée aux personnes handicapées ou d’un accueil organisé pour chaque nouveau bénévole. Côté économique, le règlement intérieur peut prévoir que les achats courants se font d’abord dans la commune ou à proximité, et le club voisin accepter de partager un minibus ou une sonorisation. Côté gouvernance enfin, des comptes lisibles en assemblée générale et des mandats limités sont des gestes que les financeurs remarquent.
Un référent, une ligne dans le projet associatif, un bilan par an
Une action décidée par un bureau disparaît avec lui, et trois outils simples la font survivre au renouvellement des dirigeants. Un référent, désigné par le conseil d’administration, qui n’a pas besoin d’être spécialiste mais qui porte le sujet d’une réunion à l’autre. Une ligne dans le projet associatif ou le règlement intérieur, votée une fois et qui s’impose ensuite à tous. Et un bilan annuel de quelques lignes présenté aux adhérents, avec un chiffre par action : voitures en moins, adhérents nouveaux, part des achats faits dans la commune.
La convention avec la mairie est l’autre levier de permanence. Certaines communes conditionnent déjà le prêt de salle ou la subvention à des engagements de tri ou d’accessibilité, et l’association qui propose elle-même ces clauses se place en bonne position quand les arbitrages arrivent. Le FDVA peut aussi soutenir une association qui s’engage dans une démarche durable, de 1 000 à 5 000 € par an pour celles de deux salariés au plus, et jusqu’à 10 000 € pour un projet structurant.
Pas d’annonce d’un « club vert » sans chiffres pour le prouver
La loi interdit d’affirmer qu’un service ou un prestataire est « neutre en carbone » sans publier un bilan et un plan de réduction (article L. 229-68 du code de l’environnement), et les formules vagues (« club vert », « zéro impact ») attirent la critique des adhérents plus sûrement que le contrôle de l’administration. Le bon registre est factuel : annoncer le covoiturage et le tarif solidaire dans les documents de rentrée, publier le résultat après coup, et joindre le bilan annuel au dossier de subvention.
Romain Boisset le 20 octobre 2026 - n°398 de Communes et Associations
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