Éducation à la sexualité à l’école : dépasser les préjugés et la désinformation Abonnés
À l’automne dernier, la 2e version du Programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars) avait été présentée aux syndicats de l’Éducation nationale, avant d’être portée dans le débat public par les franges conservatrices qui ont prétendu faire dire à Evars ce qu’il ne contenait pas. Le ministre délégué à la Réussite scolaire de l’époque, Alexandre Portier, avait même donné une légitimité à ces atteintes, en assurant que « toute référence à l’identité de genre et au wokisme serait retirée », avant d’être rappelé à l’ordre par sa ministre de tutelle.
Après le changement de gouvernement et une nouvelle ministre de l’Éducation, et désormais lourde du poids des polémiques, c’est une troisième mouture du texte qui a été présentée au Conseil supérieur de l’éducation ce 29 janvier, dans une version largement édulcorée et prenant maintes précautions pour éviter toute nouvelle polémique. Pour rassurer les familles, il y est rappelé que ce programme « ne se substitue pas au rôle des parents », lesquels devront être informés de la tenue et du contenu des séances obligatoires. Par ailleurs, les points les plus contestés par les milieux d’extrême droite et les catholiques conservateurs ont disparu : la notion d’identité de genre a été supprimée de nombreuses fois et ne sera abordée qu’à partir du collège, l’asexualité disparait, ainsi que l’existence de personnes intersexes.
Pourtant, l’objectif de ce programme « indispensable » selon Elisabeth Borne, est de répondre aux problèmes concrets des élèves qui se questionnent en étant confrontés à leur changement corporel ou à de nouvelles émotions. Evars vise également à apprendre aux jeunes les notions de consentement et d’intimité, mais aussi, et surtout, à lutter contre les violences sexistes et sexuelles en faisant de la prévention face à la prolifération des images pornographiques. L’instrumentalisation idéologique des opposants à Evars et l’amalgame entre éducation à la sexualité et pratiques sexuelles, vu selon le prisme des adultes, ont ainsi complètement éclipsé et détourné l’ambition de ce programme visant à promouvoir des relations affective, relationnelle et sexuelle qui soient égalitaires et respectueuses de chacun. Sa mise en œuvre risque d’être toute aussi perturbée au regard des entraves et des menaces dont ont déjà pu faire l’objet les chefs d’établissements pour la tenue de ces séances.
Plus d’information sur le contenu du programme sur : https://www.education.gouv.fr/un-projet-ambitieux-eduquer-la-vie-affective-et-relationnelle-et-la-sexualite-416296
Romain Boisset le 04 février 2025 - n°361 de Communes et Associations
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