L’application du principe de laïcité à la cantine ne doit pas se transformer en une contrainte pour les enfants Abonnés
On rappelle que le principe de laïcité, qui impose un strict respect de la neutralité du service public à l’égard de l’ensemble des convictions religieuses, n’interdit pas que des aménagements puissent être apportés au fonctionnement de la cantine scolaire afin d’assurer le respect de ces convictions.
Comme indiqué dans le vade-mecum, « La laïcité à l’École », récemment mis à jour par le ministère, le fait de prévoir des menus différenciés, liés ou non à des pratiques confessionnelles des élèves, ne constitue ni un droit pour les usagers, ni une obligation pour les collectivités territoriales. Pour autant, rien ne s’oppose à ce que le service public prévoie de faciliter l’exercice, par les élèves, de leur liberté de conscience, à condition que soient respectés l’ordre public, la santé publique, le bon fonctionnement du service, et les droits et libertés d’autrui.
Le Conseil d’État a d’ailleurs jugé en 2020 que les communes qui assurent la restauration scolaire doivent « prendre en compte l’intérêt général qui s’attache à ce que tous les enfants puissent accéder à ce service public, en tenant compte des exigences du bon fonctionnement du service et des moyens humains et financiers dont elles disposent ». En conséquence, un maire ne peut pas imposer aux enfants de se voir servir de la viande à la cantine au nom du principe de laïcité.
Pour appréhender et appliquer ce principe de laïcité, il est primordial que les personnels chargés du service de cantine soient inclus dans les formations obligatoires concernant les valeurs de la République, dispensées par les équipes académiques auprès de tous les personnels de l’Éducation nationale. À travers ces formations, l’objectif est de leur faire comprendre qu’il ne faut pas assigner un élève à une appartenance religieuse, réelle ou supposée, qui conduirait à présumer qu’il mange ou ne mange pas certains aliments.
Réponse ministérielle Bastien Lachaud, n° 13886, JOAN du 7 mai 2024.
Romain Boisset le 14 mai 2024 - n°346 de Communes et Associations
- Conserver mes publications au format pdf help_outline
- Recevoir par mail deux articles avant le bouclage de la publication.help_outline
- Créer mes archives et gérer mon fonds documentairehelp_outline
- Bénéficier du service de renseignements juridiqueshelp_outline
- Bénéficier du service InegralTexthelp_outline
- Gérer mon compte abonnéhelp_outline