Pour une véritable reconnaissance de la musique amateur Abonnés
Vous ne faites pas ça non plus pour l'argent. Vous aimez, vous jouez et vous partagez. Vous offrez quelques heures de plaisirs, quasiment gratuitement, aux amoureux de votre musique. Tout cela devrait être d'une simplicité biblique. Et bien non détrompez vous. Si notre code du travail s'alourdit d'environ une page tous les 3 jours et pèse 15 fois plus que le code du travail du Québec (!), il cultive parallèlement les inepties et peut être déconnecté de la réalité d'aujourd'hui. Telle est la situation de la musique amateur.
Développer une activité culturelle en amateur est un véritable parcours du combattant. Ainsi tout musicien qui se produit en public est "soupçonné " d'être un salarié et de se livrer à du travail dissimulé (travail au noir en langage courant).
Une association, bien que ne versant aucune rétribution aux membres du groupe ou de la troupe, ne peut théoriquement pas facturer ses prestations même si les ressources ainsi créées permettent la seule poursuite de ses activités non lucratives dont la gestion est désintéressée.
Que faire dans de telles conditions ? Soit détenir une des licences de producteur de spectacle (en général la licence 3 - production et gestion de salles) soit être producteur occasionnel (6 scènes par an maximum précédé d'une demande d'autorisation au préfet) (voir dossier p. 4,5). Sur les quelques 23 000 formations musicales en France combien sont "dans les clous" ? Combien de petites communes respectent-elles ces contraintes d'un autre âge (ordonnance de 1945 et décret de 1953).
Mettre en opposition les intermittents du spectacle, dont il convient de rappeler qu'il s'agit d'une notion liée uniquement à une régime spécifique d'allocation de retour à l'emploi - ARE - (indemnisation du chômage en langage habituel) et non d'un statut (salarié) ni d'un métier (artiste et technicien) et les musiciens amateurs, relève d'une incapacité à répondre au véritable problème des intermittents. Tous les ministres de la Culture déclarent, lors de leurs prise de fonctions, savoir comment régler le problème. Ils ne le font pas parce qu'il et impossible, apparemment, de s'attaquer aux radios ou télévisions publiques qui ont érigé le système des "permittents" en mode de gestion des ressources humaines avec la complicité de tous.
Y aura t-il un Parlementaire ou un ministre qui aura le courage de lancer le vrai débat sur la culture et son expression non-professionnelle en trouvant une réelle complémentarité entre pros et amateurs ? C'est quoi au fait "L'exception culturelle française" ?
Jacques KIMPE le 04 septembre 2014 - n°131 de Communes et Associations
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