Rentrée (très) précaire Abonnés
Il a fallu attendre, en cette rentrée, le cri du cœur du président des Restos du cœur au JT de TF1, pour alerter l’opinion et les pouvoirs publics sur l’explosion des besoins en matière d’aide alimentaire, susceptible de mettre en péril une association qui, de part son objet et son célèbre fondateur, tient une place particulière dans le cœur des Français.
Selon l’INSEE, près de 9,2 millions de personnes sont pauvres en France (c’est-à-dire ont moins de 1 125 euros mensuels pour vivre, pour une personne seule), ce qui représente près de 14,6% de la population. Toutes les associations d’aide alimentaire ont constaté depuis le début de l’année qu’en plus des personnes qui étaient déjà dans une situation de pauvreté, de nombreuses autres sur le fil y basculent en raison des hausses de loyers, de l’alimentation, des transports subies ces derniers mois. Ainsi, les travailleurs pauvres, des actifs, des auto-entrepreneurs sont venus s’ajouter ces derniers mois aux files d’attente, comme ce fut le cas des étudiants suite à la crise du Covid.
Face à cette recrudescence des personnes qui ont besoin d’aide alimentaire, les Restos du cœur ont ainsi pris la terrible décision de réduire le nombre de bénéficiaires (environ 150 000 personnes) et la quantité des dons alimentaires qui leurs sont délivrés, au risque sinon de devoir fermer d’ici 3 ans. En effet, les Restos qui assurent 35 % de l’aide alimentaire en France ont déjà accueilli 1,3 million de personnes depuis le début de l’année contre 1,1 million sur l’ensemble de l’année dernière. L’association s’attend ainsi à devoir fournir 170 millions de repas contre 140 millions en 2022. L’État a, d’ores et déjà, annoncé un chèque de 15 millions d’euros pour aider les Restos à combler les 35 millions d’euros nécessaires pour terminer l’exercice à l’équilibre, et de nombreuses initiatives (troupe des Enfoirés, Équipe de France de football, industriels, mécènes, etc.) devraient être rapidement lancées pour aider les Restos et, plus largement, toutes les associations humanitaires. En effet la Croix-Rouge, confrontée aux mêmes difficultés, a également lancé un appel à l’aide cette semaine.
Face à une frange de la population qui n’arrive plus à assumer ses besoins les plus vitaux, le rôle des associations devient encore plus essentiel, tout autant que le soutien - notamment financier - qui doit leur être apporté, ainsi qu’aux bénévoles qui, au quotidien, cherchent des solutions en urgence pour assurer dignité et humanité vis-à-vis des populations fragiles.
Romain Boisset le 07 septembre 2023 - n°329 de Communes et Associations
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