Dans une affaire, la commune de Bagnolet (Seine-Saint-Denis) avait conclu, en 2005, un bail emphytéotique d’une durée de 63 ans avec une association cultuelle pour édifier une mosquée sur un terrain communal. Par une délibération d’avril 2019, le conseil municipal de Bagnolet a approuvé la résiliation de ce bail et autorisé la cession du bien à l’association pour un montant de 950 000 €, dont 700 000 € versés à la signature de l’acte de vente et 250 000 € versés en 48 mensualités sans intérêts. Le juge administratif rappelle que l’article L. 1311-2 du code général des collectivités territoriales, qui autorise une collectivité à conclure un bail emphytéotique administratif (BEA) en vue de la construction d’un édifice cultuel déroge aux principes de la loi de séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905. Toutefois, il considère que la loi de 1905 continue à s’appliquer en cas de résiliation anticipée d’un BEA, notamment s’agissant des conditions financières dans lesquelles le bien est cédé, qui doit exclure toute aide directe ou indirecte à un culte. Dans cette affaire, en permettant un paiement échelonné sans intérêt du prix pour plus d’un quart du montant de la somme due, la commune a octroyé un avantage sans contrepartie et, ce faisant, a versé à l’association cultuelle une subvention interdite par la loi de 1905.
Cour administrative d’appel de paris, plén., 22/09/2023, n° 22PA02509.
Romain Boisset le 05 octobre 2023 - n°331 de Communes et Associations